Le feu

anecdote de tali

Le centre à Oust servait de colonie de vacances pour enfants et hébergeait régulièrement des gens atteints de déficience intellectuelle. Le travail consistait a faire de L’entretien et des rénovations simples dans le bâtiment. Quand je suis arrivée, ils m’ont donné à manger et m’ont mené en bas au dortoir où, sur des petits lits  superposés dormaient une dizaine de bénévoles. Ils étaient tous occupés sauf un, le mien. Je me suis couchée pour constater l’énorme bosse au milieu du matelas. “La raison que personne ne l’a pris”, je me suis dit; mais j’étais tellement épuisée que j’ai dormi comme une bûche. Le lendemain au déjeuner autour d’une table avec tous les bénévoles, un gars me demande si j’avais bien dormi. “Oui, oui, j’ai bien dormi”  “Ah… tu n’es pas une vraie princesse alors.” C’est là qu’il m’annonce qu’il avait placé une masse en dessous de mon matelas.

Arrive la fin du séjour au centre de vacances et tous les bénévoles repartent chez eux. Mais moi je ne voulais pas quitter l’Ariège. Un berger du coin m’a prêté une petite maisonnette nommée le Sarat. Elle mesurait quatre mètres carrés, sans électricité ni eau courante. À l’époque, ces petites maisons de pierre servaient comme abris pour bergers quand ils montaient leurs bêtes en estive. À part un bâtiment juste en dessous ou logeait ses moutons, elle se trouvait seule, perchée sur le flanc de  montagne.

Je me suis fait des amis du coin. Un soir chez Abdel on a fumé un joint. Le premier effet que ça me donne c’est de vider mes intestins. Alors vite je me rends dehors, sans toilette, je m’accroupis. Il était coutume de brûler son papier toilette, mais pas en hiver, après une fonte de neige, quand l’herbe a eu le temps de bien sécher au soleil. Alors je brûle. J’estompe avec mes pieds, mais le feu s’est vite répandu, je n’arrive plus à le contrôler. Je crie “À L’AIDE!!” Tout le monde est sorti, en voyant le feu, la première chose qu’un ami a dit était “Merde!!” Il n’y avait rien à faire. J’ai vite couru en bas pour aviser le berger. De voir le feu  monter la montagne m’a mise en état de choc et j’ai fui, me cacher au Sarat. Plus tard à la fin de journée mes amis m’ont trouvé. J’ai appris que vu la pente raide de la montagne, le feu était monté très rapidement et n’avait pas eu le temps de brûler les arbres sur son passage. Les pompiers l’ont attendu au col et l’ont éteint. À part quelques clôtures, il n’y avait pas eu de dommages et quand ils m’ont appris que le berger en avait profité pour mettre le feu plus bas dans ses champs, ça a dédramatisé la chose. 

Plus tard en voyant un feu sur un autre flanc de montagne, le même berger annonce “Ça doit être la Canadienne qui est allée chier là-bas.”

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