Pearl et Lorraine

1984

J’étais entrain d’aider Pearl à faire des oeufs farcis quand le téléphone a sonné. C’étais Lorraine son amie. Pearl n’avait pas envie de parler, “je vais la rappeler, elle peut parler pendant des heures” Les oeufs terminés elle a pris le téléphone,  “ouais c’est moi, t’es tu en bobettes?”

On avait planifié d’aller à une vente d’église alors quand je l’ai vu dans ma cour le lendemain je savais que c’était elle; pas aussi âgée que Pearl mais plus maganée. Il s’avère qu’elle habite dans mon voisinage, et elle est venue pour m’informer qu’elles venaient me chercher le lendemain avec la van à Pearl. S’avère aussi que c’est la mère de Bobby. (Celui que Pearlsurnomme “trou d’cul”) On a commencé à placoter et je l’ai informé que je cherchais une plaque électrique pour cuisiner.Elle en avait une alors je l’ai suivi jusque chez elle, une maison décrépite avec une cour qui ressemblait à un dépotoir. Les murs de sa “cuisine d’été” étaient recouverts de têtes de cerfs tout poussiéreux et mal empaillés, ce qui leur donnait un sourire étrange. Quand elle est sortie, je me suis mise à observer la pièce; il y avait des trucs empilés partout. Elle est revenue avec la plaque électrique. J’ai mentionné les têtes de cerfs; il y en avait au moins six dans cette petite pièce encombrée. Elle m’a offert des steaks de cerf et j’ai dit oui. Je l’ai suivi dehors jusqu’à un petit abri délabré. Elle a failli trébucher sur un moteur de moto en entrant ou se trouvait son congélateur.

Le lendemin matin, elles m’attendaient dans la van. Bien installée sur le siège arrière, j’écoutais leur conversation de médicaments qu’elles ne voulaient plus prendre,  de telle ou telle femme qui pendant 30 ans trichait son mari et au moment du divorce, a tout fait pour le laisser à sec, sans argent. À un moment donné, il y avait des enfants qui jouaient dans la rue.Pour les avertir de notre présence, Pearl a donné un p’tit coup de klaxon; ils sont mis à crier des affaires vers la van. Pearlet Lorraine, en synchro leur a fait le doigt d’honneur.

J’observais ma nouvelle amie Lorraine. Elle dégageait une odeur rancie, ses vêtements étaient recouverts de poils de chat.Ses cheveux blancs et raides qui se dressaient en touffe, révélant les spots roses de son crâne. Un petit menton poilu prisdans’ graisse qui ballottait quand elle parlait. Nous avons dû faire un arrêt à la clinique pour Pearl. On s’est stationnées; à côté de la van, un monsieur attendait dans un char. En le remarquant, Lorraine, penchée vers la fenêtre,lance “regarde sa face!! Mon Dieu qu’il est laid!” Ce à quoi Pearl a vite répondu “penche-toi et donnes-y une claque dans’ face” elle est ensuite sortie pour aller donner son échantillon d’urine.

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